Publié : 16 février 2011

Anne L. ou la passion de l’anglais

Après sa prépa à Jeanne d’Arc, Anne L. vit désormais à Sheffield où elle est professeur.

Après un bac littéraire au lycée Jeanne d’Arc, je suis rentrée en hypokhâgne en septembre 2005. Bien entendu j’appréhendais à la formation qui m’attendait, après avoir entendu les pires horreurs : « La compétition est rude », « Des heures de boulot » ... Je suis en effet tombée de haut : bonne élève, je me retrouve dans les dernières de la classe, et réalise qu’il va peut être falloir se mettre à travailler.

Les journées sont longues, mais je profite d’un enseignement de qualité et du soutien de mes camarades de classe et de mes professeurs. Je passe en khâgne l’année suivante, encore une année difficile mais qui m’apporte beaucoup. Huit heures d’anglais par semaine, six élèves et amis dans la classe, je peux enfin assouvir ma passion pour l’anglais.

L’été suivant je pars trois mois en Angleterre comme jeune fille au pair pour améliorer mon accent, et trois ans plus tard, j’y suis toujours. Un mois après mon arrivée, on me propose un poste d’assistante dans l’école de la ville, et je m’inscris en licence d’anglais à Paris par correspondance. Je découvre la vraie vie à l’anglaise, et toutes ces heures d’anglais me permettent de ne pas être dépaysée du tout !

Après une deuxième année d’assistanat, je rentre à l’Université de Sheffield pour étudier l’équivalent de notre CAPES français. Grâce à la classe prépa, j’ai une aisance à l’oral et à l’écrit que certains de mes collègues anglais n’ont pas forcément. J’ai aussi acquis des capacités d’organisation qui me permettent de gérer les cours, les dissertations, les stages, et de garder un semblant de vie sociale. Et les amitiés que j’ai forgées sont seulement une partie de ce que la prépa m’a apporté.

Un an plus tard, me voici professeur de langues dans une école secondaire (de la sixième à la seconde), un poste que j’ai choisi, près de chez moi, à Sheffield. Je suis bilingue, et les anglais s’étonnent régulièrement de me savoir française.

J’ai eu ma cérémonie de remise de diplômes à l’anglaise avec mon chapeau carré, j’ai parcouru l’Angleterre en train et vu toutes ces choses dont nous avions discuté en cours, je vis avec des étudiantes en lettres avec qui je peux partager ma passion pour la littérature anglaise, et je n’oublie pas que sans la prépa, je n’en serais sûrement pas là aujourd’hui. Et finalement, après six mois à tenter d’enseigner le français et l’espagnol à des petits monstres anglais, je me dis que la khâgne, c’était (presque) du gâteau !

Anne L.