Publié : 11 février 2011

L’épopée de Camille

Camille S., actuellement à la fac, se souvient de son aventure en classe prépa : nostalgie....

"Au cœur de la plus profonde tourmente, l’hypokhâgneux anéanti par son dur labeur s’avance avec bravoure. Dans un dernier souffle, il invoque ses pères : O toi Gaffiot, O toi Duden, que votre force m’inspire !"

Par le bouche-à-oreille ou sur les forums internet, on en entend beaucoup, des légendes sur la prépa... Pourtant si ces deux années sont une véritable aventure, elles ne sont pas si spectaculaires qu’on veut bien nous le faire croire. Oubliez les contes où des ogres-profs armés de phrases assassines tentent de faire démissionner leurs élèves. Oubliez aussi cette prétendue concurrence acharnée entre ceux-ci : pour ma part, je n’ai jamais eu à me plaindre de l’un ou de l’autre.

La prépa, c’est difficile, mais pas tant que cela. Comme toute épopée, elle comprend beaucoup d’épreuves. Mais tôt ou tard dans vos études à venir il faudra de toute façon apprendre à fournir une telle quantité de travail, qu’on veuille passer les concours de l’enseignement, ou que l’on se destine à toute autre chose. La fatigue, la lassitude sont à prendre en compte, mais ce n’est pas franchement ce que j’en retiendrai.

Aujourd’hui, je suis à la fac, et je regrette beaucoup l’ambiance de la prépa. Les classes y sont vraiment soudées, par comparaison. On en apprend énormément, et on se forme aussi d’un point de vue pratique en devenant beaucoup plus curieux et endurant. Surtout, on travaille plus efficacement.
Les profs ont de l’esprit et sont passionnants : ils sont compréhensifs et leurs cours sont magistraux ! (eh eh)

Tout le monde est dans le même bateau. Travailler ensemble est une clé pour faire de ces deux années une période vraiment mémorable. La prépa n’est pas du tout un sacrifice : j’ai continué à sortir et à voir mes amis pendant ces deux années. Plus encore, je m’en suis fait de précieux. Quand nous étions fatiguées, nous décidions de voir tout cela avec détachement, comme une grosse blague. En travaillant, mais en gardant du recul. Il faut vraiment relativiser l’importance de tout ça. C’est surtout une question d’organisation et d’état d’esprit.

Je ne regrette donc pas une seule seconde d’avoir fait Hypokhâgne-Khâgne, et si c’était à refaire, je le referais sans hésitation.

L’important, c’est de ne pas se laisser impressionner, et de ne pas s’enfermer dans son coin en déprimant. Après tout, vous n’avez rien à perdre !

La prépa est un pari avantageux qu’il faut tenter en jouant le jeu, en s’entourant, et en gardant à l’esprit que vous serez toujours gagnants quoi qu’il arrive : une fois à la fac, à l’IUT, à Sciences-Po ou à l’ENS, vous n’aurez pas perdu votre temps.

Camille S.