Publié : 11 février 2011

Fabien, le médiéviste

Fabien P. est entré à l’ENS de Lyon où il étudie l’histoire médiévale

Un témoignage sur mon parcours au lycée Jeanne d’Arc : l’exercice qui m’est demandé n’est pas aisé. Et au-delà de ma propre trajectoire, c’est peut-être plutôt un ensemble, une ambiance, qu’il faut que je vous présente… Commençons toujours.

Fraîchement titulaire d’un bac L, j’arrive donc en hypokhâgne en septembre 2007. Une classe d’une quarantaine d’élève, qu’on apprend vite à connaître, et à apprécier le plus souvent. Une « HK », c’est avant tout un groupe. Je ne vous cacherai pas qu’il faut aussi travailler… mais vous ne le regretterez pas. Même si la dissertation de lettres que vous avez à rendre pour dans deux jours trône somptueusement sur votre bureau, vous narguant, il faut vous dire que c’est votre leçon de solfège… Avant d’être Jimi Hendrix, il faut faire ses gammes. Tels sont, je crois, les objectifs de l’hypokhâgne : acquérir des méthodes et une capacité de travail, et surtout, apprendre à lire, à écrire et à réfléchir. En trois fois trois parties, par contre. Mais cela aussi cela a du bon, vous verrez !

Une fois ces gammes passées avec brio, vous pouvez commencer à vivre de votre médiator : direction les Instituts d’étude politique pour certains, les écoles de journalisme pour d’autres, ou encore, et ce fut mon cas, la khâgne. Mais les portes sont nombreuses, et de nouvelles existent depuis ma génération…

La khâgne : niveau 2 dans les gammes. Avec un fantôme qui hante les esprits des élèves et des professeurs : l’Ecole Normale Supérieure. Enfin, maintenant, vous avez aussi la chance de pouvoir accéder, grâce à un concours unique, à toutes les grandes écoles du pays : HEC, ESSEC, ESC, Sciences-Po, IEP, et j’en omets… « Pouvoir accéder », je pèse mes mots sans démagogie. Mais, pour pouvoir, bien sûr il faut vouloir ; et là ce sera à vous de jouer. Vous pouvez intégrer depuis Jeanne d’Arc. Pas convaincus ? C’est peut-être là que mon témoignage vous sera le plus utile. Au printemps 2009, je passe le concours de l’ENS à Jeanne d’Arc, sans trop y croire, comme nombre de mes camarades. Après sept épreuves, on croyait en avoir fini. Mais une copie fut perdue par un correcteur de géographie. Et nous tous de devoir repasser cette épreuve. Je vous le dit honnêtement aujourd’hui, j’avais à peine relu mon cours pour retourner au charbon. Je ne suis pas resté jusqu’au bout de l’épreuve, ce samedi-là. Résultat du concours : Sous-Admissible. Au mois de juillet les notes arrivent… J’avais un total de 97,5 points. La barre pour passer à l’oral était à 98,5. Forcément, je ne peux m’empêcher de penser que si j’avais pris au sérieux la deuxième dissertation de géographie, je serais allé à l’oral – et là tout aurait été possible. Plutôt, c’était très possible. La preuve, c’est qu’un de mes camarades en lettres modernes est allé à l’oral, et qu’une autre était aussi à un point de l’admissibilité. Comme quoi…

Après cette première khâgne et cette prise de conscience, je rempile. Je fais une deuxième khâgne au lycée Lakanal. Et au concours 2010, j’entre troisième à l’ENS, en histoire médiévale. Où je travaille sur la Normandie… Je puise à nouveau là où j’ai fait mes gammes…

Fabien P.
ENS de Lyon, Histoire médiévale.