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Publié : 26 avril 2010

Avec nos "philocitations" !

"Quel privilège particulier possède cette petite agitation du cerveau que nous appelons pensée, pour que nous devions en faire ainsi le modèle de l’univers entier ? " se demandait David Hume.

"Quel privilège particulier possède cette petite agitation du cerveau que nous appelons pensée, pour que nous devions en faire ainsi le modèle de l’univers entier ? "

Effectivement, les hommes utilisent des raisonnements pour penser, et ils croient que l’univers entier obéit à leurs raisonnements.

Par exemple, tout homme qui contemple un objet fabriqué se dit que cet objet est l’effet d’une cause (son fabricant) ; puis, il transporte ce raisonnement à l’univers : puisque l’univers existe, il faut bien qu’il ait été fabriqué par un créateur qu’on appellera Dieu.

Un autre exemple : un anatomiste qui découpe et étudie un oeil ne peut que s’étonner de la finesse des tissus et de la parfaite organisation des composants de l’oeil ; il a pu observer des machines très bien agencées et il dira que l’oeil est une machine conçue par un artisan supérieur.

Le langage qui organise notre pensée nous impose des catégories, comme, par exemple, le sujet (celui qui agit), suivi du verbe (l’action) et enfin l’objet (ce qui subit l’action). Dès que nous observons un mouvement (par exemple, l’éruption d’un volcan), nous cherchons son sujet et son objet, comme si les catégories du réel correspondaient aux catégories de notre langage.

Mais, après tout, la pensée n’est qu’une petite agitation de quelques neurones du cerveau. De quel droit pourrait-on faire du mécanisme de cette agitation le modèle de tout ce qui existe ?

Et s’il y a d’autres êtres pensants dans l’univers, hors de la Terre, qu’est-ce qui nous permet de croire que notre pensée est meilleure que la leur ?

Soyons modestes, et reconnaissons que nous ne comprenons qu’une toute petite partie du monde dans lequel nous vivons.